Bonjour @Haroun et bienvenu sur le Forum France Accueil !
Votre situation est différente de celle de @spaizer sur un point essentiel : vous n’avez pas encore déposé votre demande de naturalisation. Vous avez donc encore la possibilité de sécuriser votre situation fiscale avant que votre dossier soit examiné par la préfecture.
Et compte tenu des montants et du fait que les trois années susceptibles d’être présentées dans votre dossier semblent concernées, je vous conseille de traiter cette question avant de déposer, même si vous devenez juridiquement éligible dans deux mois.
Première précision : vérifiez les années exactes de vos avis
Vous indiquez d’abord :
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Déclaration 2024 sur les revenus 2023 ;
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Déclaration 2025 sur les revenus 2024 ;
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Déclaration 2026 sur les revenus 2025.
Puis, plus bas, vous écrivez « impôt 2023 », « impôt 2024 » et « impôt 2025 ».
Je pars donc de l’hypothèse que vos trois avis concernés sont bien :
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Avis 2024 sur les revenus 2023 ;
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Avis 2025 sur les revenus 2024 ;
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Avis 2026 sur les revenus 2025.
Vérifiez bien ce point sur vos documents car il est important pour les délais de correction.
1. Faut-il anticiper auprès du SIP avant de déposer la naturalisation ?
Dans votre situation, oui, clairement.
Je ne qualifierais toutefois pas cette démarche de « dénonciation ».
L’administration fiscale prévoit précisément un droit à l’erreur permettant au contribuable de corriger spontanément une erreur ou une omission commise de bonne foi. En cas de régularisation spontanée, vous devez éventuellement payer le supplément d’impôt correspondant et des intérêts de retard, mais l’administration indique qu’une erreur de bonne foi régularisée spontanément n’entraîne normalement pas de majoration ou d’amende ; le taux de l’intérêt de retard bénéficie en outre d’une réduction de 50 %. (impots.gouv.fr – droit à l’erreur)
Autrement dit, corriger spontanément avant votre demande de naturalisation est très différent d’attendre qu’une préfecture ou l’administration fiscale découvre elle-même le problème.
Le problème des sommes envoyées à votre belle-sœur est désormais assez clair
Vous expliquez que certaines pensions destinées à votre belle-mère ont été envoyées au nom de votre belle-sœur parce que votre belle-mère est analphabète.
Malheureusement, la position actuelle d’impots.gouv.fr est très explicite.
Depuis la mise à jour du 7 juillet 2026, l’administration indique que les preuves de versements effectués à une tierce personne chargée ensuite de reverser les fonds au véritable bénéficiaire ne sont pas considérées comme des justificatifs valables, même lorsque cette personne est un membre de la famille. (impots.gouv.fr – aide aux parents vivant à l’étranger)
Cela concerne donc potentiellement les sommes que vous indiquez avoir versées à votre belle-sœur :
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Environ 1 429 € sur une première année ;
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800 € sur l’année suivante ;
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1 900 € sur la dernière année.
Le fait que l’argent ait réellement été destiné à votre belle-mère, et même que votre belle-sœur puisse l’attester, peut servir à démontrer votre bonne foi. Mais cela ne transforme pas le virement au nom de votre belle-sœur en justificatif fiscal direct du versement à votre belle-mère.
Vos revenus élevés ne règlent pas ce problème
Vous indiquez des revenus fiscaux d’environ :
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58 000 € ;
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62 000 € ;
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74 000 €.
Cela permet de montrer que les montants versés ne paraissent pas disproportionnés par rapport à vos ressources.
Mais la déductibilité d’une pension alimentaire suppose également de pouvoir démontrer :
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Le lien avec le bénéficiaire ;
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Son état de besoin ;
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Et surtout la réalité du versement au bénéficiaire concerné.
C’est donc bien l’identité du destinataire des transferts qui pose principalement problème ici.
Bonne nouvelle : vos trois années semblent encore pouvoir être régularisées
C’est une différence très importante avec le dossier de @spaizer.
Pour l’impôt sur le revenu, le délai de réclamation expire généralement le 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement. Impots.gouv.fr donne par exemple expressément le 31 décembre 2026 comme échéance pour l’impôt sur les revenus 2023 mis en recouvrement en 2024. (impots.gouv.fr – délais de réclamation)
Si vos années sont bien celles indiquées plus haut, cela donnerait normalement :
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Avis 2024 / revenus 2023 : réclamation possible jusqu’au 31 décembre 2026 ;
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Avis 2025 / revenus 2024 : jusqu’au 31 décembre 2027 ;
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Avis 2026 / revenus 2025 : jusqu’au 31 décembre 2028.
Et pour votre déclaration 2026 sur les revenus 2025, c’est encore plus simple : le service de correction en ligne est actuellement ouvert depuis le 29 juillet 2026. L’administration indique qu’une correction acceptée donnant lieu à une modification de l’impôt entraîne l’établissement d’un nouvel avis.
Pour les années antérieures, la correction peut être demandée depuis la messagerie sécurisée :
Écrire → Réclamation / Contestation → Impôt sur le revenu.
2. Votre « mère adoptive » : c’est le deuxième point à résoudre avant de déposer
Ici, il faut être extrêmement précis sur le mot « adoptive ».
Vous expliquez :
« Ce n’est pas ma maman biologique mais adoptive dès le premier jour de ma naissance et elle est devenue après la femme de mon père avec contrat de mariage. »
La question déterminante est donc :
Avez-vous juridiquement été adopté par cette personne ?
Par exemple :
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Existe-t-il un jugement ou acte officiel d’adoption ?
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Cette adoption est-elle reconnue juridiquement ?
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Cette personne apparaît-elle comme adoptante ou comme mère sur vos documents d’état civil ?
Si oui, la situation est beaucoup plus favorable. Impots.gouv.fr inclut les adoptants parmi les ascendants susceptibles de recevoir une pension alimentaire déductible, et le Code civil prévoit également une obligation alimentaire entre l’adopté et l’adoptant dans le cadre de l’adoption simple. (impots.gouv.fr – autres personnes à charge)
En revanche, si vous utilisez le terme « mère adoptive » uniquement parce qu’elle vous a élevé depuis votre naissance, sans adoption juridique, la situation est très différente.
Le simple fait qu’elle vous ait élevé ou qu’elle ait ensuite épousé votre père ne crée pas automatiquement un lien de filiation adoptive permettant de déduire une pension alimentaire.
L’administration fiscale demande justement un document d’état civil établissant le lien de parenté avec le bénéficiaire.
Il faut donc impérativement clarifier ce point avant votre dépôt.
Attention également au mot « belle-mère »
Si, lorsque vous parlez de votre « belle-mère », vous désignez la mère de votre épouse, elle entre bien dans le principe de l’obligation alimentaire entre gendre ou belle-fille et beaux-parents prévu par l’article 206 du Code civil.
En revanche, la femme de votre père n’entre pas automatiquement dans cette catégorie simplement parce qu’elle a épousé votre père. Dans son cas, c’est l’existence ou non d’un véritable lien juridique d’adoption qu’il faut vérifier.
3. Si vous régularisez, aurez-vous de nouveaux avis d’imposition ?
Pour votre déclaration 2026 sur les revenus 2025, oui, si la correction est acceptée et modifie votre imposition, un nouvel avis d’impôt corrigé doit être établi.
Pour les années antérieures régularisées par réclamation, je vous conseille de demander expressément au SIP :
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La prise en compte de la correction ;
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Le document matérialisant la régularisation ;
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L’avis corrigé ou l’avis supplémentaire correspondant, selon la manière dont le service traite la correction ;
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Et de conserver la réponse de la messagerie sécurisée.
L’objectif, pour votre future naturalisation, est d’arriver avec un dossier dans lequel on voit clairement :
ancienne déclaration → régularisation spontanée → supplément d’impôt éventuellement payé → situation fiscale à jour.
C’est beaucoup plus facile à expliquer qu’une irrégularité découverte pendant l’instruction.
Service-Public rappelle d’ailleurs que le dossier de naturalisation comporte des justificatifs de ressources et d’impôts et que l’instruction examine également le comportement civique du candidat, notamment au regard du paiement de ses impôts. (Service-Public – naturalisation par décret)
Est-ce que je déposerais dans deux mois ?
Personnellement, pas tant que ces trois années ne sont pas clarifiées.
Votre date d’éligibilité n’est pas une date limite de dépôt.
Si vous devenez éligible dans deux mois mais que, parallèlement, les trois avis fiscaux susceptibles d’être examinés contiennent encore des pensions dont une partie a été versée à un intermédiaire, je préférerais attendre quelques semaines ou quelques mois supplémentaires et déposer avec :
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Les corrections terminées ;
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Les nouveaux avis ou décisions fiscales ;
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Les éventuels suppléments payés ;
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Et une situation parfaitement documentée.
Le forum contient déjà plusieurs exemples de candidats ayant obtenu un ajournement pour des difficultés fiscales, y compris lorsque leur situation personnelle et professionnelle était par ailleurs favorable. Vous pouvez notamment consulter :
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Ajournement de naturalisation pour déclaration fiscale tardive
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Les autres dossiers de la rubrique Naturalisation par décret
Ce que je vous conseille concrètement maintenant
Je ferais une demande écrite au SIP avant toute demande de naturalisation.
Pour les sommes versées à votre belle-sœur, je ne chercherais pas à présenter les choses différemment de la réalité. Vous pouvez expliquer simplement que les sommes étaient destinées à votre belle-mère mais avaient été versées sur le compte de sa fille en raison de ses difficultés à gérer elle-même les transferts, et que vous souhaitez désormais régulariser spontanément les montants qui ne seraient pas admis en déduction.
Pour votre mère adoptive, je ne demanderais pas encore de supprimer automatiquement les sommes. Je demanderais d’abord au SIP de se prononcer en leur indiquant exactement la nature juridique de votre lien avec elle et en joignant, s’il existe, le jugement ou document d’adoption.
Il y a donc deux sujets fiscaux différents :
1. Transferts à votre belle-sœur : la doctrine fiscale actuelle est défavorable aux versements passant par un intermédiaire.
2. Pension versée à votre mère adoptive : la réponse dépend avant tout de l’existence ou non d’une adoption juridiquement reconnue.
Avant de vous proposer le message exact à adresser au SIP, pouvez-vous simplement nous préciser si vous disposez d’un véritable acte ou jugement d’adoption concernant votre mère adoptive, et confirmer que les trois avis concernés sont bien 2024, 2025 et 2026 ?
Avec ces deux informations, nous pourrons vous rédiger le message au SIP de manière très précise, sans vous faire reconnaître une irrégularité qui n’existerait peut-être pas concernant votre mère adoptive.
Cordialement,
France Accueil - Expert en démarches pour étrangers en France -
Naturalisation@FranceAccueil.com