Renseignements sur le Certificat de Nationalité Française (CNF)

Bonjour Madame,Monsieur

Je me permets de vous contacter afin d’obtenir des renseignements concernant les démarches à entreprendre pour obtenir un certificat de nationalité française (CNF).

Je me présente : je suis une jeune femme de 23 ans, née en 2002 à Yaoundé (Cameroun), d’un père français au moment de ma naissance.

En 2016, je suis entrée sur le territoire français après avoir séjourné quelques mois en Allemagne avec ma mère, où j’avais obtenu un titre de séjour. Toutefois, n’ayant pas réussi à m’y intégrer, j’ai décidé de venir vivre en France auprès de mon père alors que j’étais encore mineure, mon père m’a reconnue dans une mairie du Val-d’Oise. Il a ensuite entrepris des démarches afin d’obtenir la transcription de mon acte de naissance. Malheureusement, cette procédure n’a pas pu aboutir en raison de nombreuses incohérences liées à des erreurs intervenues lors de l’établissement de mon acte de naissance par les autorités camerounaises.

Aujourd’hui, cette situation me place en situation irrégulière sur le territoire français. J’ai récemment reçu une décision de refus concernant ma demande d’admission exceptionnelle au séjour (AES), l’administration estimant que ma situation ne relevait pas de cette procédure. C’est pourquoi je souhaiterais connaître les démarches à suivre afin de solliciter un certificat de nationalité française, les pièces justificatives à fournir, ainsi que les modalités de dépôt de mon dossier (prise de rendez-vous, envoi postal ou dépôt sur place).

Je dispose déjà des principaux documents justificatifs et souhaiterais simplement savoir comment procéder pour déposer ma demande.Cette situation pèse lourdement sur mon quotidien et je souhaite sincèrement pouvoir la régulariser dans les meilleurs délais.

Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées

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Bonjour @Eunice ,

Merci pour votre message et bienvenue sur le forum France Accueil.

Votre situation mérite d’être examinée avec attention car, d’après ce que vous décrivez, vous ne cherchez peut-être pas à “acquérir” aujourd’hui la nationalité française : vous pourriez déjà être française par filiation, à condition que plusieurs éléments puissent être juridiquement établis.

Le premier point essentiel : votre père était-il français lorsque vous êtes née ?

Vous indiquez être née en 2002 à Yaoundé et que votre père était déjà français au moment de votre naissance.

L’article 18 du Code civil pose le principe suivant : est français l’enfant dont au moins l’un des parents est français.

Mais lorsqu’il s’agit d’une nationalité transmise par filiation, il existe une autre condition importante : la filiation avec le parent français doit avoir été établie pendant la minorité de l’enfant.

Vous précisez que votre père vous a reconnue dans une mairie du Val-d’Oise lorsque vous étiez encore mineure. Si cette reconnaissance a juridiquement établi votre filiation paternelle avant vos 18 ans et si votre père était effectivement français lors de votre naissance, vous avez donc, sur le principe, une base sérieuse pour revendiquer la nationalité française par filiation.

Le Code civil prévoit en outre que lorsque les conditions de la nationalité française d’origine sont réunies, l’intéressé est réputé avoir été français dès sa naissance, même si la preuve de ces conditions n’est apportée que plus tard.

Le CNF ne vous “donnera” donc pas la nationalité

C’est une distinction très importante dans votre cas.

Le certificat de nationalité française (CNF) est un document permettant de prouver une nationalité française que vous possédez déjà. Ce n’est ni une naturalisation, ni une admission exceptionnelle au séjour, ni une procédure de régularisation.

C’est probablement aussi pour cette raison que la préfecture vous a indiqué que votre situation ne relevait pas de l’AES si elle considère que la véritable question est d’abord celle de votre nationalité.

Vous trouverez également plusieurs dossiers similaires sur le forum :

En revanche, l’échec de la transcription de votre acte de naissance est le point le plus sensible de votre dossier

Vous expliquez que votre père avait déjà tenté de faire transcrire votre acte de naissance camerounais, mais que la procédure n’avait pas abouti en raison de plusieurs incohérences ou erreurs dans l’acte de naissance.

Il ne faut surtout pas considérer que le CNF permettra automatiquement de contourner ce problème.

Pour une demande de CNF, le tribunal demande notamment votre acte de naissance étranger en copie intégrale et en original, ainsi que les documents permettant d’établir votre filiation et la nationalité française du parent concerné.

Or l’article 47 du Code civil permet à l’administration ou au juge d’écarter un acte d’état civil étranger lorsque des vérifications montrent qu’il est irrégulier, falsifié ou que les faits qu’il contient ne correspondent pas à la réalité.

Autrement dit, les mêmes incohérences qui ont empêché la transcription peuvent être examinées de nouveau lors de votre demande de CNF.

Cela ne signifie pas que votre dossier est perdu. Mais il faut absolument comprendre précisément quelles étaient ces incohérences avant de déposer.

Où déposer votre demande de CNF ?

Puisque vous avez 23 ans, vous devez effectuer vous-même la demande.

La procédure actuelle se fait avec le formulaire Cerfa n°16237*02 – Demande de certificat de nationalité française.

Comme vous résidez actuellement en France, même si vous êtes née au Cameroun, votre demande doit être envoyée ou déposée auprès du tribunal judiciaire ou du tribunal de proximité compétent en matière de nationalité pour votre domicile actuel.

Ce n’est donc pas automatiquement le tribunal du Val-d’Oise simplement parce que votre père vous y a reconnue, et ce n’est pas non plus automatiquement le tribunal judiciaire de Paris parce que vous êtes née à l’étranger.

C’est votre domicile actuel en France qui détermine le tribunal compétent.

Les documents qui seront particulièrement importants dans votre cas

Sans avoir encore vu votre dossier, je préparerais notamment :

  • Le formulaire Cerfa n°16237*02 rempli et signé ;

  • Votre pièce d’identité actuelle ;

  • Une photographie d’identité ;

  • Votre justificatif de domicile en France ;

  • La copie intégrale originale de votre acte de naissance camerounais ;

  • Sa traduction si nécessaire, dans les conditions exigées ;

  • L’acte de reconnaissance effectué par votre père dans la mairie française ;

  • La preuve que cette reconnaissance est intervenue avant vos 18 ans ;

  • L’acte de naissance de votre père ;

  • Les documents démontrant que votre père était français au jour de votre naissance en 2002 ;

  • Si votre père possède un CNF, une copie de celui-ci ;

  • Et surtout tous les documents relatifs à l’ancienne procédure de transcription et aux incohérences relevées à l’époque.

Le greffe peut ensuite vous demander des documents complémentaires.

Une fois que le dossier est considéré comme complet, un récépissé de complétude est délivré. À compter de ce récépissé, le greffe dispose en principe de six mois pour rendre sa décision, avec possibilité de prolonger ce délai dans les conditions prévues par le Code de procédure civile.

Je ne déposerais cependant pas votre dossier sans examiner d’abord l’ancien problème d’état civil

C’est vraiment le point sur lequel j’insiste dans votre situation.

Vous dites que la transcription n’a pas abouti en raison de « nombreuses incohérences liées à des erreurs intervenues lors de l’établissement de votre acte de naissance par les autorités camerounaises ».

Il faut savoir exactement de quelles incohérences il s’agit.

Par exemple : erreur sur votre nom ? votre date de naissance ? le nom ou la date de naissance de votre père ? reconnaissance paternelle ? date de déclaration de naissance ? numéro ou registre de l’acte ? existence de plusieurs actes différents ?

Selon la nature de l’erreur, la stratégie n’est absolument pas la même.

Il peut être nécessaire de faire rectifier l’état civil camerounais avant de déposer le CNF, alors que certaines différences peuvent éventuellement être expliquées par des documents complémentaires.

Le fait que la transcription française ait échoué ne signifie pas à lui seul que vous n’êtes pas française. En revanche, si le document permettant d’établir votre naissance et votre filiation est juridiquement contesté, le greffe du CNF devra nécessairement résoudre cette difficulté.

Votre refus d’AES est également à vérifier rapidement

Vous indiquez avoir récemment reçu un refus d’admission exceptionnelle au séjour.

Pouvez-vous vérifier si cette décision comporte également une OQTF (obligation de quitter le territoire français) ?

Si oui, ne laissez surtout pas passer le délai de recours en pensant que la demande de CNF réglera automatiquement le problème. Une procédure de CNF et le contentieux d’une éventuelle OQTF sont deux procédures différentes.

Dans ce cas, publiez également ici, en masquant vos données personnelles, la première page et les voies et délais de recours de la décision préfectorale.

Ce que je vous conseille avant toute chose

Votre dossier n’est pas, à première vue, celui d’une personne étrangère qui demanderait simplement à devenir française après plusieurs années de résidence.

Votre question centrale est plutôt :

« Suis-je déjà française depuis ma naissance en raison de mon père français, ma filiation avec lui ayant été établie pendant ma minorité ? »

Sur les informations données, cette piste est juridiquement sérieuse.

Mais le dossier se jouera probablement sur la preuve de votre filiation et la fiabilité de votre état civil camerounais.

Avant que vous déposiez quoi que ce soit, pouvez-vous publier ici, en masquant toutes les données personnelles :

  1. Le document ou courrier expliquant pourquoi la transcription de votre acte de naissance avait été refusée ou bloquée ;

  2. L’acte de reconnaissance effectué par votre père à la mairie française, avec seulement la date visible ;

  3. Et nous préciser par quel moyen votre père était français en 2002 : Français de naissance, naturalisé avant votre naissance, CNF, décret, etc. ?

Avec ces éléments, nous pourrons vous dire beaucoup plus précisément si vous pouvez déposer directement votre demande de CNF ou s’il faut d’abord régler le problème de votre acte de naissance camerounais.

Cordialement,

France Accueil - Expert en démarches pour étrangers en France -
Naturalisation@FranceAccueil.com

Bonjour ,

Je tiens à vous remercier pour votre réponse,

Je n’ai pas reçu de oqtf lors de mon refus d’AES

Mon père a été naturalisé par décret avant ma naissance

Je vais joindre les documents demandés ci dessous

Merci beaucoup pour ces documents. Ils permettent maintenant de comprendre beaucoup plus précisément votre situation.

Et il y a à la fois un élément très favorable dans votre dossier et un obstacle important qu’il ne faut surtout pas sous-estimer.

1. La reconnaissance de votre père en France en 2016 est un élément très important

Le second document que vous avez publié est une reconnaissance postérieure établie le 14 avril 2016 par une mairie française.

Vous êtes née en 2002 : cette reconnaissance a donc été effectuée alors que vous étiez encore mineure.

C’est juridiquement très important puisque l’article 20-1 du Code civil prévoit que la filiation d’un enfant produit un effet en matière de nationalité lorsqu’elle a été établie pendant sa minorité. (Légifrance – article 20-1 du Code civil)

Vous nous confirmez également que votre père avait été naturalisé français par décret avant votre naissance.

Or l’article 18 du Code civil dispose qu’est français l’enfant dont au moins l’un des parents est français. (Légifrance – article 18 du Code civil)

Votre situation présente donc, sur le principe, deux éléments particulièrement favorables :

  • votre père était français avant votre naissance ;

  • votre filiation paternelle a été formellement établie en France pendant votre minorité, par un acte de reconnaissance dressé en mairie.

C’est beaucoup plus solide que ce que nous pouvions déterminer avec votre premier message uniquement.

2. Mais le courrier du parquet de Nantes révèle le véritable problème de votre dossier

Le premier document est encore plus important pour comprendre pourquoi vos démarches n’ont pas abouti.

Le 14 avril 2025, le parquet du tribunal judiciaire de Nantes a confirmé le refus de transcription de votre acte de naissance camerounais.

Et les motifs sont sérieux.

Le parquet relève notamment :

  • que votre acte de naissance de 2002 aurait été dressé sur déclaration de votre père alors que celui-ci n’était pas présent au Cameroun au moment de cette déclaration ;

  • qu’un jugement supplétif du 23 mars 2020 ordonnant la reconstitution d’un acte présenté comme perdu aurait ensuite été inscrit en marge de ce même acte ;

  • que cette procédure a été considérée comme contraire à la législation camerounaise ;

  • que le poste consulaire a également émis des doutes concernant votre filiation ;

  • et, surtout, que le parquet considère finalement votre acte de naissance comme « apocryphe ».

Le refus est expressément fondé sur l’article 47 du Code civil.

Cet article prévoit qu’un acte d’état civil établi à l’étranger fait normalement foi en France, sauf lorsque des vérifications permettent d’établir qu’il est irrégulier, falsifié ou que les faits qu’il contient ne correspondent pas à la réalité. (Légifrance – article 47 du Code civil)

3. Cela ne signifie pas que votre reconnaissance française de 2016 disparaît

C’est une distinction très importante.

Vous disposez d’un acte français de reconnaissance paternelle, dressé par l’officier de l’état civil de Jouy-le-Moutier lorsque vous étiez mineure.

En droit français, la reconnaissance est précisément un mode d’établissement de la filiation. Le Code civil prévoit qu’une filiation peut être établie par reconnaissance et que cette reconnaissance établit la filiation à l’égard de son auteur. (Légifrance – article 316 du Code civil)

Je ne vois d’ailleurs sur la copie que vous avez publiée aucune mention indiquant que cette reconnaissance aurait été annulée.

Votre problème n’est donc pas simplement :

« Mon père ne m’a pas reconnue. »

Il vous a bien reconnue en France pendant votre minorité.

Le problème est désormais plutôt :

« Comment établir de manière juridiquement fiable mon propre état civil – naissance, identité et filiation – alors que l’acte de naissance camerounais présenté jusqu’à présent a été écarté par le parquet de Nantes ? »

Et c’est cette question qu’il faut résoudre.

4. Je ne déposerais donc pas immédiatement une demande de CNF avec exactement le même dossier

C’est le point sur lequel je modifierais notre premier conseil après lecture de ces documents.

Vous pouvez juridiquement demander un certificat de nationalité française (CNF), mais le CNF suppose que vous soyez capable de démontrer les conditions permettant d’établir votre nationalité.

Or l’article 30 du Code civil prévoit que la charge de la preuve de la nationalité française repose en principe sur la personne qui la revendique. (Légifrance – article 30 du Code civil)

Le greffe chargé du CNF peut également effectuer toutes les vérifications utiles et demander des pièces complémentaires. (Légifrance – article 1045-1 du Code de procédure civile)

Si vous déposez aujourd’hui le même acte de naissance camerounais que celui qui a déjà été qualifié d’« apocryphe » par le parquet de Nantes, il existe donc un risque important que la même difficulté réapparaisse dans la procédure de CNF.

Le CNF n’est pas un moyen de contourner automatiquement le problème d’état civil.

5. Votre courrier du parquet vous indique lui-même une voie judiciaire

La dernière partie du courrier du 14 avril 2025 est particulièrement importante.

Le parquet écrit que votre dossier est classé et indique qu’il vous appartient d’examiner avec votre avocate les solutions juridiques possibles, notamment l’assignation du parquet devant le tribunal judiciaire de Nantes, en précisant que cette procédure nécessite l’assistance d’un avocat.

Ce passage ne doit surtout pas être ignoré.

La contestation judiciaire d’un refus de transcription devant le tribunal judiciaire de Nantes existe bien : on retrouve en jurisprudence des affaires dans lesquelles le procureur de Nantes, après avoir refusé une transcription d’acte de naissance étranger, a ensuite été assigné devant le tribunal afin que le juge tranche la question. (Cour de cassation, 18 novembre 2020)

Dans votre cas, vous aviez manifestement déjà une avocate puisque le courrier du parquet lui est adressé.

Ma première question serait donc : qu’a fait votre avocate après la réception de cette lettre du 14 avril 2025 ?

A-t-elle :

  • engagé une procédure devant le tribunal judiciaire de Nantes ?

  • envisagé de faire rectifier/reconstituer correctement votre état civil au Cameroun ?

  • demandé de nouveaux documents aux autorités camerounaises ?

  • ou le dossier s’est-il arrêté après cette réponse du parquet ?

C’est déterminant.

6. Il faut distinguer deux questions juridiques

Votre dossier comporte maintenant deux problèmes distincts.

A. Êtes-vous susceptible d’être française par votre père ?

Oui, la base juridique existe sérieusement.

Votre père était déjà français lorsque vous êtes née et il vous a reconnue en France pendant votre minorité.

Ce sont précisément les éléments que l’on recherche pour l’application des articles 18 et 20-1 du Code civil. (Légifrance)

B. Pouvez-vous actuellement le prouver avec un état civil suffisamment fiable ?

C’est là que se trouve votre difficulté.

Le parquet de Nantes a officiellement écarté l’acte camerounais présenté et l’a qualifié d’apocryphe en application de l’article 47.

Tant que cette difficulté n’est pas résolue, elle risque de se retrouver aussi bien dans une demande de CNF que dans d’autres démarches relatives à votre nationalité.

7. Le fait que vous n’ayez pas reçu d’OQTF est une précision importante

Vous nous confirmez également que votre refus d’admission exceptionnelle au séjour n’était pas accompagné d’une OQTF.

Vous n’avez donc pas, sur la base de cette décision, le délai extrêmement urgent attaché à une obligation de quitter le territoire.

En revanche, le refus d’AES reste une décision administrative distincte de votre question de nationalité. Il faudrait donc conserver la décision complète et ses voies de recours.

Si ce refus est récent, je vous conseille de montrer également à votre avocate la décision d’AES complète, et pas uniquement de travailler sur le CNF.

8. Ce que je ferais maintenant à votre place

Je ne repartirais surtout pas de zéro.

Vous avez déjà :

  • la preuve que votre père a été naturalisé avant votre naissance ;

  • la reconnaissance française du 14 avril 2016 ;

  • l’historique complet de la tentative de transcription ;

  • une décision très détaillée du parquet de Nantes ;

  • et une avocate qui avait déjà saisi le parquet.

Je retournerais donc d’abord vers cette avocate avec le courrier du 14 avril 2025 en lui posant une question extrêmement précise :

« Compte tenu de la reconnaissance paternelle française intervenue pendant ma minorité et de la nationalité française de mon père antérieure à ma naissance, faut-il maintenant engager l’action devant le tribunal judiciaire de Nantes indiquée dans le courrier du parquet afin de résoudre définitivement la question de mon état civil, ou existe-t-il une possibilité de produire préalablement un nouvel acte camerounais régulier ? »

Je lui demanderais également si, au regard de votre dossier, elle recommande :

  1. de contester judiciairement le refus de transcription ;

  2. de faire préalablement rectifier ou reconstituer correctement votre état civil camerounais ;

  3. puis de déposer le CNF lorsque la question de l’état civil est sécurisée ;

  4. ou éventuellement de mener certaines de ces démarches parallèlement.

Pourquoi je privilégie cette démarche avant un simple dépôt de CNF

Parce que vous avez déjà obtenu une réponse officielle particulièrement forte du parquet :

« cet acte est apocryphe ».

Déposer simplement le même document devant un autre service en espérant qu’il soit cette fois accepté risquerait de conduire à un nouveau refus.

Il est plus pertinent de traiter directement la cause du problème.

Si un CNF était ultérieurement refusé, la contestation de ce refus devant le tribunal judiciaire doit en outre être introduite dans un délai de six mois, avec avocat obligatoire. (Légifrance – article 1045-2 du Code de procédure civile)

Il est donc préférable de préparer dès le départ un dossier juridiquement cohérent.

Votre dossier n’est toutefois pas sans issue

Je veux vraiment distinguer les deux choses.

Le courrier du parquet est préoccupant concernant l’acte de naissance produit.

Mais il ne dit pas :

« votre père n’était pas français au moment de votre naissance ».

Et vous nous apportez maintenant une pièce supplémentaire particulièrement importante : une reconnaissance paternelle française effectuée en 2016, pendant votre minorité.

C’est pour cela que je ne conclurais absolument pas, à ce stade, que vous ne pouvez pas être française.

Votre difficulté est avant tout devenue une question de preuve de l’état civil et de filiation, qui mérite d’être traitée judiciairement avec votre avocate compte tenu de l’historique déjà très avancé du dossier.

Vous pouvez également consulter les autres discussions du forum consacrées au certificat de nationalité française (CNF) ainsi que notre discussion sur la nationalité française par filiation et le CNF.

Pouvez-vous nous apporter encore deux précisions ?

Si vous le pouvez, indiquez-nous :

  1. la date exacte du décret de naturalisation de votre père, ou au minimum l’année, en masquant son identité ;

  2. surtout, ce que votre avocate a fait après le courrier du parquet du 14 avril 2025.

Si aucune action judiciaire n’a été engagée depuis cette lettre, c’est probablement le point à examiner en priorité maintenant.

Cordialement,

France Accueil - Expert en démarches pour étrangers en France -
Naturalisation@FranceAccueil.com

À la suite de la décision de Nantes nous n’avons plus reçu de nouvelles de notre avocat et par la même occasion nous avons pas eu recours aux solutions données par Nantes c’est à partir de la que j’ai pris l’initiative pour une demande d’AES ,

1 « J'aime »

Merci pour ce nouveau document. Il est très important et il renforce nettement votre dossier sur la question de la nationalité de votre père au moment de votre naissance.

Il permet aussi de corriger une petite imprécision de votre précédent message : votre père n’a pas été naturalisé « par décret ». Le document que vous venez de publier indique qu’il a acquis la nationalité française par déclaration, sur le fondement de l’article 21-2 du Code civil.

Cette déclaration a été :

  • souscrite le 22 décembre 2000 ;

  • devant le tribunal d’instance de Beauvais ;

  • puis enregistrée.

Votre père était donc bien français avant votre naissance en 2002

C’est le point essentiel.

L’article 26-5 du Code civil prévoit que lorsqu’une déclaration de nationalité est enregistrée, elle prend effet à la date à laquelle elle a été souscrite. La règle était déjà applicable en 2000. (Légifrance – article 26-5 du Code civil)

Votre père est donc, sur la base de ce document, devenu français le 22 décembre 2000, soit avant votre naissance en 2002.

La date « 4 mars 2011 » visible sur le côté du document ne correspond donc pas à la date à laquelle il serait devenu français : le document atteste expressément une acquisition par déclaration souscrite en décembre 2000.

Et à la date de votre naissance, l’article 18 du Code civil disposait déjà :

« Est français l’enfant, légitime ou naturel, dont l’un des parents au moins est français. »

(Légifrance – article 18 dans sa version applicable en 2002)

Et votre père vous a reconnue pendant votre minorité

Nous avons également vu votre acte français de reconnaissance du 14 avril 2016.

Vous étiez née en 2002 : vous aviez donc environ 14 ans lorsque votre père vous a reconnue devant l’officier d’état civil français.

Or l’article 20-1 du Code civil prévoit que la filiation d’un enfant produit ses effets en matière de nationalité lorsqu’elle est établie pendant sa minorité. (Légifrance – article 20-1)

Sur ces deux points, votre dossier devient donc particulièrement intéressant :

1. Votre père était déjà français depuis décembre 2000.
2. Il vous a reconnue en France en avril 2016, avant vos 18 ans.

Et l’article 20 du Code civil précise que lorsque l’enfant est français en application des règles de nationalité d’origine, il est réputé avoir été français dès sa naissance, même lorsque la preuve des conditions nécessaires n’est apportée que plus tard. (Légifrance – article 20)

Autrement dit, si votre identité, votre naissance et votre filiation peuvent être juridiquement établies malgré le problème de votre acte camerounais, votre dossier présente une base sérieuse pour soutenir que vous êtes française par filiation et non que vous devez aujourd’hui demander à “devenir” française.

Votre vrai problème n’est donc plus la nationalité de votre père

Le document que vous venez de fournir répond très fortement à cette question.

Le véritable obstacle reste celui que le parquet de Nantes a identifié dans son courrier du 14 avril 2025 : la valeur probante de votre acte de naissance camerounais.

Le parquet a refusé sa transcription en relevant notamment que :

  • l’acte de 2002 aurait été établi sur déclaration de votre père alors qu’il n’était pas présent au Cameroun ;

  • un jugement supplétif de 2020 aurait ordonné la reconstitution d’un acte présenté comme perdu alors que cet acte figurait au registre ;

  • le poste consulaire avait émis des doutes sur les filiations paternelle et maternelle ;

  • et le parquet a finalement qualifié l’acte produit d’« apocryphe » en application de l’article 47 du Code civil.

C’est un obstacle sérieux, mais il faut bien comprendre qu’il s’agit d’un problème de preuve de votre état civil. Le courrier ne dit pas que votre père n’était pas français au moment de votre naissance.

Je pense que l’arrêt des démarches avec votre ancien avocat vous a malheureusement fait perdre du temps

Vous nous indiquez qu’après le courrier du parquet de Nantes du 14 avril 2025, vous n’avez plus eu de nouvelles de votre avocat et qu’aucune des solutions proposées dans ce courrier n’a été engagée.

C’est dommage parce que le parquet écrivait lui-même très clairement qu’il était possible d’envisager :

une assignation du parquet devant le tribunal judiciaire de Nantes, avec avocat obligatoire.

On retrouve effectivement devant le tribunal judiciaire de Nantes des contentieux dans lesquels une personne conteste le refus de transcription d’un acte de naissance étranger considéré comme non probant au regard de l’article 47 du Code civil. Par exemple, dans une décision récente, le tribunal a examiné le cas d’un acte dont la transcription avait été refusée après des vérifications consulaires. (Cour de cassation – TJ Nantes, 18 décembre 2025)

Il existe également des affaires dans lesquelles les demandeurs sollicitent judiciairement la reconnaissance de leur nationalité française et la transcription de leur état civil. (Cour de cassation – TJ Nantes, 11 septembre 2025)

Cela ne signifie évidemment pas que ces décisions garantissent l’issue de votre propre dossier, mais elles montrent que le contentieux judiciaire indiqué par le parquet dans votre lettre est une véritable voie de droit.

À ce stade, je consulterais rapidement un nouvel avocat spécialisé en nationalité et état civil

Je ne resterais plus dans l’attente de votre ancien avocat.

Votre dossier est désormais suffisamment particulier pour justifier un avocat ayant l’habitude de traiter :

  • les actions relatives à la nationalité française ;

  • l’article 47 du Code civil ;

  • les actes d’état civil étrangers contestés ;

  • les refus de transcription devant le tribunal judiciaire de Nantes.

Vous pouvez parfaitement changer d’avocat si votre ancien conseil ne donne plus suite à votre dossier.

Et votre courrier du parquet précise lui-même que cette procédure peut, si les conditions sont réunies, être prise en charge au titre de l’aide juridictionnelle.

Pourquoi je ne me précipiterais toujours pas sur une simple demande de CNF

Avec ce nouveau document, votre fondement pour demander un certificat de nationalité française est encore plus sérieux qu’auparavant.

Mais le problème demeure : une demande de CNF nécessite elle aussi de démontrer votre état civil et votre filiation.

Or l’article 47 du Code civil s’applique aux actes d’état civil étrangers produits devant les autorités françaises. Si vous présentez simplement le même acte camerounais que celui qui a déjà été qualifié d’apocryphe par le parquet de Nantes, vous risquez de retrouver le même obstacle dans le dossier de CNF.

Service-Public rappelle d’ailleurs qu’en cas de refus de CNF, le recours devient contentieux devant le tribunal judiciaire, avec avocat obligatoire et délai de six mois. (Service-Public – Certificat de nationalité française)

C’est pourquoi, dans votre cas très particulier, je demanderais à un nouvel avocat de choisir la stratégie procédurale avant le dépôt :

  • contester d’abord le refus de transcription devant le tribunal judiciaire de Nantes ;

  • obtenir préalablement un état civil camerounais juridiquement régulier si cela est encore possible ;

  • déposer un CNF ;

  • ou envisager une action déclaratoire de nationalité française en tenant compte du contentieux d’état civil déjà existant.

L’article 29-3 du Code civil prévoit expressément que toute personne peut agir en justice pour faire décider qu’elle possède ou non la qualité de Français. (Légifrance – article 29-3 du Code civil)

Je ne choisirais toutefois pas entre ces procédures sans que l’avocat ait examiné l’intégralité du dossier camerounais et les vérifications réalisées par le consulat, car c’est précisément là que se trouve la difficulté.

Concernant votre demande d’AES

Je comprends maintenant pourquoi vous avez ensuite tenté une admission exceptionnelle au séjour : votre dossier de nationalité/transcription s’était retrouvé bloqué et vous cherchiez une autre possibilité pour sortir de votre situation administrative.

Vous nous avez confirmé que le refus d’AES n’est accompagné d’aucune OQTF, ce qui est une information importante.

Mais votre demande d’AES ne règle pas la question principale.

Si vous êtes juridiquement française par filiation, la question n’est pas d’obtenir un titre de séjour en tant qu’étrangère mais d’arriver à faire reconnaître et prouver votre nationalité française.

À l’inverse, tant que cette nationalité n’est pas reconnue et documentée, il faut rester attentive à votre situation administrative actuelle.

Je montrerais donc aussi la décision complète de refus d’AES au nouvel avocat afin qu’il ait une vision globale du dossier.

Votre dossier est aujourd’hui beaucoup plus clair

Nous pouvons maintenant résumer ainsi :

Décembre 2000 : votre père acquiert la nationalité française par déclaration sur le fondement de l’article 21-2.

2002 : vous naissez au Cameroun alors que votre père est déjà français.

14 avril 2016 : votre père vous reconnaît officiellement devant une mairie française alors que vous êtes encore mineure.

2020 : un jugement supplétif intervient au Cameroun concernant votre état civil.

14 avril 2025 : le parquet de Nantes refuse la transcription de votre acte de naissance en considérant l’acte produit comme non probant/apocryphe au sens de l’article 47 et vous indique la possibilité d’une action judiciaire.

Après avril 2025 : aucune action judiciaire n’est engagée et vous tentez ensuite une AES.

À mon sens, c’est précisément au stade du courrier de Nantes d’avril 2025 qu’il faut maintenant reprendre le dossier, mais avec un avocat réellement spécialisé et disponible.

Votre preuve concernant la nationalité française de votre père est désormais particulièrement claire. Votre acte français de reconnaissance pendant votre minorité est également une pièce importante.

Le combat juridique paraît donc devoir porter principalement sur votre état civil et sur la possibilité d’établir de manière probante votre naissance et votre filiation malgré le rejet de l’acte camerounais produit jusqu’à présent.

Vous pouvez également consulter les échanges du forum sur le certificat de nationalité française (CNF) et notre discussion consacrée à la nationalité française par filiation et au CNF.

Cordialement,

France Accueil - Expert en démarches pour étrangers en France -
Naturalisation@FranceAccueil.com

Merci beaucoup pour vos réponses, je n’ai jamais eu de résumé aussi complet et clair sur ma situation que aujourd’hui

Je prends en compte vos recommandations et si nécessaire je reviendrai vers vous,

Bonne soirée

Cordialement

1 « J'aime »

Merci à vous ! Et c’est avec plaisir :slight_smile:
N’hésitez pas à nous mettre un commentaire sur Trustpilot ça nous aiderai beaucoup !

https://fr.trustpilot.com/review/franceaccueil.com

Bonjour Madame Monsieur,

Je me permets de revenir vers vous car j’ai une question concernant ma demande de base

Je voulais savoir s’il vous plait au vu de mon dossier les démarches concrètes à faire sans avoir pour finalité un CNF , en gros quelles sont les démarches que je dois suivre pour régler mon problème lié à mon acte et ensuite que faire pour obtenir des pièces d’identité appropriée s’il vous plait , je sais pas si j’ai été clair dans ma demande

Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Eunice L

1 « J'aime »

Bonjour,
Nous pensons que vous pourrez trouver votre réponse ici, n’hésitez pas à revenir vers nous si ce n’est pas le cas :

Bonjour @Eunice,

C’est bon pour vous ?

Cordialement.
@FranceAccueil

Bonjour Madame Monsieur,

J’ai lu attentivement et à priori ça répond à ma question, j’ai envoyé le lien à mon père afin qu’il puisse lire et qu’on reprenne les démarches

Je vous remercie pour votre aide et je reviendrai vers vous en cas de questions ou même pour une mise à jour

Cordialement

Eunice

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Super ! tenez nous au courant de la suite :slight_smile: