Bonjour @Mezred ,
Bienvenue sur notre Forum !
Votre question est très pertinente et revient régulièrement, notamment chez les personnes diplômées à l’étranger dans des pays francophones. Vous avez raison d’anticiper ce point, car la preuve du niveau de français est aujourd’hui l’un des éléments les plus strictement appréciés dans une déclaration de nationalité par mariage.
Je vais vous répondre de manière très précise, en distinguant le droit, la pratique administrative et la stratégie la plus sécurisée.
Ce que disent les textes
Pour une déclaration de nationalité par mariage, le niveau de français exigé est B2 oral.
Les textes prévoient que ce niveau peut être justifié par :
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Un diplôme français délivré par une autorité publique française,
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Ou un test de langue reconnu (TCF, TEF, etc.),
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Ou certains diplômes explicitement listés comme équivalents.
En revanche, les textes sont clairs sur un point :
les diplômes étrangers, même obtenus dans un pays francophone, ne sont pas automatiquement acceptés comme preuve du niveau de langue.
C’est là que se situe la difficulté.
Votre diplôme bac +5 obtenu dans un pays francophone
Sur le fond, votre situation est excellente :
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Cursus intégralement suivi en langue française,
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Attestations universitaires écrites le confirmant,
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Niveau académique élevé (bac +5),
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équivalence académique reconnue par ENIC-NARIC (niveau 1).
D’un point de vue logique et intellectuel, il n’y a aucun doute sur votre maîtrise du français.
Mais l’administration ne raisonne pas uniquement en logique, elle raisonne en sécurité juridique.
Le rôle réel de l’attestation ENIC-NARIC
Il est très important de bien comprendre la portée de ce document.
L’attestation ENIC-NARIC :
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Ne transforme pas un diplôme étranger en diplôme français,
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Ne vaut pas reconnaissance linguistique,
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Sert uniquement à :
ENIC-NARIC n’a aucune compétence pour attester du niveau de langue requis pour la nationalité.
Donc, même jointe à votre dossier :
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Elle sera utile pour montrer votre niveau d’études,
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Mais elle ne suffira pas, à elle seule, à valider le critère linguistique.
La pratique réelle des préfectures
Dans la pratique, et suite aux différents retours de notre communauté, on observe deux situations :
Cas 1 : Préfecture stricte (le plus fréquent)
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Le diplôme étranger est refusé comme preuve de langue,
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Une demande de complément est envoyée,
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On vous demande un TCF IRN B2 ou équivalent.
C’est aujourd’hui le scénario le plus courant, surtout depuis 2023–2025.
Cas 2 : Préfecture souple (plus rare)
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Le diplôme étranger francophone est accepté,
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Uniquement si le dossier est exceptionnellement solide,
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Et parfois après validation interne.
Ce cas existe, mais il est imprévisible et dépend beaucoup :
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Du département,
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De l’agent instructeur,
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De la période.
Votre stratégie : est-ce que cela “peut” passer
Soyons honnêtes et responsables :
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Oui, cela peut passer, juridiquement parlant.
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Non, ce n’est pas sécurisé.
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Oui, le risque principal est une demande de complément, pas un rejet.
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Mais cette demande de complément retarde l’instruction de votre dossier, et parfois de plusieurs mois…
La stratégie la plus sûre
Même avec un bac +5 francophone et une équivalence ENIC-NARIC, la stratégie la plus sécurisée reste de Joindre un test de langue reconnu (TCF IRN B2) en plus de votre diplôme.
Pourquoi ?
Votre diplôme et l’attestation ENIC-NARIC restent d’excellents éléments complémentaires, mais le test vous protège.
Pour répondre clairement à vos questions
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Le diplôme étranger francophone n’est pas garanti comme preuve de langue.
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L’attestation ENIC-NARIC ne suffit pas pour le critère linguistique.
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Elle est utile en complément, pas en substitution.
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Le risque n’est pas un refus, mais un retard par demande de complément.
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La solution la plus sûre reste un test de langue reconnu.
Cordialement,
Votre expert en démarches pour étrangers en France
Naturalisation@FranceAccueil.com