Refus naturalisation : Ajournement pour "acte de naissance non authentique"

Bonjour,

Je viens de recevoir un refus concernant ma demande de naturalisation, alors que mon dossier était arrivé à l’étape du SCEC.

Le motif du refus concerne mon acte de naissance qui aurait été considéré comme non authentique. Pourtant, il s’agit bien d’un acte officiel délivré par l’état civil marocain, et je suis moi-même de nationalité marocaine.

Le problème semble venir d’une faute de frappe sur la première lettre du prénom de ma mère dans l’acte. Pour moi, il s’agit donc d’une erreur matérielle qui pouvait être corrigée ou faire l’objet d’une demande de complément, plutôt que de conduire directement à un refus.

Je souhaite donc faire un recours et j’aurais besoin de vos retours d’expérience :

* Est-ce que certains ont eu un refus au niveau du SCEC pour un problème d’acte de naissance, puis obtenu une décision favorable après le premier recours sans passer par le tribunal ?

* Est-ce préférable de faire le recours soi-même ou de prendre un avocat spécialisé en droit de la nationalité ?

* Pour ceux qui sont passés par un avocat, combien avez-vous payé environ ?

* Quel a été le délai de traitement de votre recours ?

Merci d’avance

Bonjour,

Votre situation mérite effectivement un recours, mais il faut d’abord corriger un point de vocabulaire important : le fait que votre dossier ait atteint l’étape SCEC ne signifie pas nécessairement que le SCEC lui-même a “refusé” votre naturalisation.

La procédure officielle prévoit qu’après une proposition favorable de la préfecture, le dossier est transmis au ministère de l’Intérieur, qui peut encore soit poursuivre vers le décret, soit prendre une décision défavorable. Le SCEC intervient quant à lui sur l’établissement de l’état civil français des personnes qui acquièrent la nationalité. (Ministère de l’Intérieur) (France Diplomatie)

Il faut donc absolument regarder qui a signé votre décision et sur quel article elle est fondée.

Une faute d’une lettre dans le prénom de votre mère signifie-t-elle que l’acte est faux ?

Pas automatiquement.

L’article 47 du Code civil pose au contraire le principe selon lequel un acte d’état civil étranger établi selon les formes du pays concerné fait foi, sauf si des vérifications ou d’autres éléments permettent d’établir qu’il est irrégulier, falsifié ou que les informations qu’il contient ne correspondent pas à la réalité. (Légifrance – article 47 du Code civil)

Donc il faut distinguer deux situations très différentes.

Première possibilité : l’administration a seulement constaté une différence d’une lettre dans le prénom de votre mère et en a déduit que l’acte n’était pas authentique.

Dans ce cas, si vous êtes capable de démontrer objectivement qu’il s’agit uniquement d’une erreur matérielle d’état civil, le recours peut présenter un véritable intérêt.

Deuxième possibilité : le SCEC ou le ministère a procédé à une vérification auprès des autorités marocaines et a reçu une réponse indiquant que l’acte, son numéro, son registre, sa signature ou sa délivrance ne pouvait pas être authentifié.

Dans ce cas, le problème est beaucoup plus important qu’une simple faute de frappe et il faudra répondre précisément aux résultats de cette vérification.

C’est pourquoi il est indispensable de lire le motif exact de votre décision, et pas seulement de partir de l’hypothèse que le refus vient de la première lettre du prénom de votre mère.

Le fait que l’acte ait été délivré par l’état civil marocain est un argument important, mais pas suffisant à lui seul

Un acte étranger bénéficie d’une présomption de validité, mais l’administration française peut la combattre en apportant des éléments contraires. En cas de contentieux, le juge doit examiner l’ensemble des preuves produites par l’administration et par le demandeur. (Légifrance – CAA Nantes, 11 mars 2026)

Il existe même une jurisprudence en matière de naturalisation où le ministre avait rejeté une demande en considérant qu’un acte était non authentique. La Cour administrative d’appel de Nantes a annulé la décision parce que l’administration ne produisait pas d’éléments suffisamment sérieux permettant d’établir le caractère non authentique du document : la décision était alors entachée d’une erreur de fait. (Légifrance – CAA Nantes, 15 février 2013)

Cela ne garantit évidemment pas que votre recours aboutira, mais cela montre qu’une affirmation d’« acte non authentique » peut être discutée lorsqu’elle ne repose pas sur des vérifications suffisamment probantes.

Dans d’autres contentieux relatifs à l’état civil étranger, les juridictions ont également considéré que certaines discordances mineures pouvaient constituer de simples erreurs matérielles et ne suffisaient pas, à elles seules, à démontrer qu’un acte était faux. (Légifrance – Conseil d’État, 9 novembre 2007) (Légifrance – CAA Nantes, 22 juillet 2026)

En revanche, l’absence de demande de complément n’annule pas automatiquement le refus

Vous écrivez qu’on aurait pu vous demander un document complémentaire au lieu de vous refuser directement.

C’est compréhensible, mais je ne construirais pas votre recours principalement sur cet argument.

Lorsque le dossier est arrivé au ministère, l’article 48 du décret du 30 décembre 1993 permet au ministre de procéder aux compléments d’enquête qu’il juge utiles et, après examen, de déclarer la demande irrecevable, de la rejeter ou de l’ajourner selon la situation. Le texte ne lui impose pas systématiquement d’envoyer une demande de complément avant toute décision défavorable. (Légifrance – article 48 du décret n°93-1362)

Votre argument le plus fort serait donc plutôt :

« L’acte est authentique et la discordance constatée résulte seulement d’une erreur matérielle que je suis capable de démontrer et de faire rectifier. »

Avant le recours, je sécuriserais immédiatement l’état civil marocain

Si la différence porte réellement uniquement sur une lettre du prénom de votre mère, je chercherais maintenant à obtenir auprès des autorités marocaines compétentes :

  • une copie intégrale récente et correcte de votre acte de naissance ;

  • si nécessaire, le document officiel ayant permis la rectification de l’erreur ;

  • une preuve permettant de rattacher sans ambiguïté l’ancien acte et l’acte rectifié à la même personne ;

  • l’acte de naissance de votre mère avec l’orthographe exacte de son prénom ;

  • éventuellement son document d’identité ;

  • et tout document d’état civil permettant de montrer que l’erreur ne remet pas en cause votre identité ni votre filiation.

Ne faites surtout pas simplement établir un nouvel acte présentant une orthographe différente sans pouvoir expliquer juridiquement pourquoi l’ancien et le nouveau diffèrent.

Le recours doit permettre de retracer clairement :

ancien acte → erreur identifiée → procédure officielle de rectification → acte corrigé → identité et filiation inchangées.

Peut-on obtenir gain de cause sans aller au tribunal ?

Oui, cela peut être possible, mais la procédure dépend entièrement de l’auteur de votre décision.

Si la décision a été prise par la préfecture

Pour une décision prise sur le fondement des articles 43 ou 44 du décret, vous disposez de deux mois à compter de sa notification pour effectuer le recours auprès du ministre chargé des naturalisations. Depuis juillet 2025, ce recours est un RAPO obligatoire avant de pouvoir saisir le tribunal. Lorsqu’une demande a été déposée via ANEF, le recours doit en principe être effectué via le même téléservice. (Légifrance – article 45 du décret n°93-1362)

Dans cette hypothèse, oui, le ministre peut réexaminer le dossier sans qu’il soit nécessaire d’aller immédiatement devant le tribunal.

Si votre refus a été pris directement par la SDANF / le ministre

C’est différent.

L’article 48 permet au ministre de prendre lui-même une décision défavorable après réception d’un dossier transmis favorablement par la préfecture. (Légifrance)

Dans ce cas, le RAPO de l’article 45 n’est pas la procédure applicable puisqu’il vise expressément les décisions des articles 43 et 44.

Il est néanmoins possible de former un recours gracieux auprès du ministre contre une décision ministérielle. Le Code des relations entre le public et l’administration prévoit qu’un recours gracieux présenté dans le délai du recours contentieux interrompt ce délai. (Légifrance – article L.411-2 du CRPA)

On trouve d’ailleurs dans la jurisprudence de naturalisation des dossiers où une décision directe du ministre a fait l’objet d’un recours gracieux avant la saisine du tribunal. (Légifrance – CAA Nantes, 13 février 2026)

Si ce recours gracieux est refusé, le contentieux relève en principe du tribunal administratif de Nantes lorsque la décision a été prise par la SDANF située à Rezé. Le Conseil d’État l’a confirmé pour une décision ministérielle prise par cette sous-direction. (Légifrance – Conseil d’État, 27 novembre 2023)

Donc, ne faites surtout pas un recours avant d’avoir regardé les « voies et délais de recours »

C’est vraiment le premier document à examiner.

Tout en bas de votre décision, vous devez normalement trouver une partie indiquant :

  • l’autorité ayant pris la décision ;

  • le recours éventuellement obligatoire ;

  • son délai ;

  • et la juridiction compétente.

Le délai contentieux de droit commun est en principe de deux mois à compter de la notification de la décision. (Légifrance – article R.421-1 du Code de justice administrative)

Ne laissez donc surtout pas ce délai expirer pendant que vous faites rectifier l’état civil au Maroc.

Avocat ou recours seul ?

Juridiquement, un avocat n’est pas systématiquement obligatoire pour rédiger un recours gracieux.

Et devant le tribunal administratif, une requête en annulation d’une décision administrative de ce type n’entre pas dans les catégories pour lesquelles l’article R.431-2 impose systématiquement un avocat. (Légifrance – article R.431-2 du Code de justice administrative)

Mais dans votre dossier, je considérerais sérieusement au minimum une consultation avec un avocat spécialisé en naturalisation et en contentieux de l’état civil étranger.

Pourquoi ? Parce que la discussion ne porte plus sur un simple délai ou un emploi insuffisamment stable. L’administration met en cause l’authenticité d’un acte d’état civil, ce qui est juridiquement beaucoup plus technique.

Il faudra éventuellement discuter :

  • l’article 47 du Code civil ;

  • le résultat des vérifications faites par le SCEC ;

  • l’erreur de fait ;

  • la valeur des nouveaux documents marocains ;

  • la qualification d’erreur matérielle ;

  • et l’authenticité de votre état civil.

Concernant le prix d’un avocat

Il n’existe aucun tarif réglementé pour ce type de dossier.

Les honoraires sont fixés librement par chaque avocat en fonction notamment de la difficulté du dossier, du temps nécessaire et de son expérience. Une convention d’honoraires doit normalement préciser ce qui est inclus dans la prestation. (Service-Public – honoraires d’avocat)

Je demanderais donc plusieurs devis, en distinguant bien :

  • consultation et analyse de la décision ;

  • rédaction d’un recours gracieux ou RAPO ;

  • puis, éventuellement, procédure complète devant le tribunal administratif.

Si vos ressources le permettent, vérifiez également votre éventuelle éligibilité à l’aide juridictionnelle, qui peut prendre en charge tout ou partie des frais d’avocat pour la procédure judiciaire. (Service-Public)

Les membres du forum qui sont passés par un avocat pour un problème d’état civil / SCEC peuvent bien sûr indiquer les honoraires qu’ils ont réellement payés afin de vous donner des points de comparaison.

Concernant le délai du recours

Je ne vous donnerais pas de « délai moyen SCEC » ou de délai moyen de recours qui ne repose sur aucun texte.

Pour un RAPO relevant de l’article 45, le silence du ministre pendant plus de quatre mois vaut rejet. (Légifrance)

Pour un recours gracieux contre une décision ministérielle relevant de l’article 48, la procédure n’est pas exactement la même. Il faut donc d’abord identifier le fondement de votre décision avant de vous annoncer un calendrier.

Vous pouvez également consulter notre guide sur le recours devant le tribunal administratif après une décision de naturalisation ainsi que notre dossier sur les pièces d’état civil et dossiers de naturalisation incomplets ou bloqués.

Vous trouverez également d’autres retours d’expérience dans la rubrique Naturalisation par décret.

Ce qu’il nous faut maintenant pour vous conseiller précisément

Pouvez-vous publier, en masquant vos informations personnelles :

  1. la décision complète de refus ;

  2. surtout le paragraphe expliquant pourquoi votre acte est considéré comme non authentique ;

  3. le nom de l’autorité/signataire de la décision ;

  4. l’article du décret mentionné dans la décision ;

  5. la page comportant les voies et délais de recours ;

  6. et, si possible, les deux orthographes du prénom de votre mère en masquant le reste.

Avec cela, nous pourrons déterminer si vous êtes réellement face à une simple erreur matérielle d’une lettre ou si une vérification d’authenticité plus large a posé problème, et surtout vous dire quel recours exact utiliser sans perdre le délai.

Cordialement,

France Accueil - Expert en démarches pour étrangers en France -
Naturalisation@FranceAccueil.com

Bonjour,

Je vous remercie pour votre retour.

Je vais joindre ce que vous avez demandé.

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Bonjour @mdi ,

Merci pour ces deux pages. Avec la décision complète et surtout les voies de recours, votre situation est maintenant beaucoup plus claire.

Il ne s’agit pas d’un refus préfectoral : c’est une décision directe de la SDANF

Votre décision indique expressément :

« Après examen de votre dossier, j’ai décidé, en application de l’article 48 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993, de rejeter votre demande. »

Elle est signée par le sous-directeur de l’accès à la nationalité française.

Cela signifie que votre dossier avait effectivement dépassé le stade préfectoral et que c’est directement le ministre chargé des naturalisations, par l’intermédiaire de la SDANF, qui a décidé de rejeter votre demande.

L’article 48 permet précisément au ministre, après réception et examen du dossier, de proposer la naturalisation ou, s’il estime qu’il n’y a pas lieu de l’accorder, de prononcer lui-même un rejet ou un ajournement.

Cela explique pourquoi vous n’avez aucun bouton de recours sur ANEF

C’est un point très important.

Le RAPO prévu par l’article 45 concerne les décisions prises sur le fondement des articles 43 et 44, c’est-à-dire notamment les décisions préfectorales d’irrecevabilité, de rejet ou d’ajournement.

Votre décision, elle, est fondée sur l’article 48.

Et votre deuxième capture confirme noir sur blanc la voie applicable :

« La présente décision peut être contestée dans le délai de deux mois à compter de sa notification par voie de recours contentieux auprès du tribunal administratif de Nantes. »

Donc, dans votre cas, vous n’avez pas à chercher un RAPO dans ANEF avant de pouvoir saisir le tribunal.

Votre décision est directement contestable devant le tribunal administratif de Nantes dans les deux mois suivant sa notification.

Le Conseil d’État a d’ailleurs confirmé que les décisions prises par délégation du ministre par la sous-direction de l’accès à la nationalité française, située à Rezé, relèvent territorialement du tribunal administratif de Nantes.

Attention : le motif est plus grave qu’une simple « faute d’une lettre » dans la décision

C’est probablement le point le plus important maintenant.

La SDANF n’écrit pas :

« Il existe une discordance dans le prénom de votre mère. »

Elle écrit :

« Vous avez produit […] un acte de naissance (n°320 RD) qui s’est avéré être non authentique. En conséquence, votre identité ne peut pas être établie avec certitude. »

Il faut donc éviter de partir immédiatement du principe que la SDANF a rejeté votre dossier uniquement à cause de la première lettre du prénom de votre mère.

Il est tout à fait possible que ce soit effectivement l’origine du problème, mais la formulation « s’est avéré être non authentique » laisse penser qu’une vérification de l’acte a pu être effectuée, par exemple auprès des autorités locales ou par l’intermédiaire des services consulaires.

Il faut absolument savoir sur quel élément précis la SDANF s’est fondée.

Je demanderais immédiatement communication des éléments ayant conduit à déclarer l’acte non authentique

Vous pouvez demander à la SDANF communication, dans la mesure où ces documents sont communicables, des éléments de votre dossier ayant conduit à conclure que l’acte n°320 RD était non authentique : résultat d’une éventuelle vérification d’état civil, levée d’acte, réponse d’une autorité marocaine, rapport ou observation ayant fondé la décision.

Le Code des relations entre le public et l’administration pose un droit d’accès aux documents administratifs détenus par l’administration, sous réserve des exceptions prévues par la loi.

Mais attention : ne retardez surtout pas votre recours au tribunal en attendant cette réponse.

Le délai de deux mois continue à courir.

Si c’est réellement une erreur matérielle, il existe une jurisprudence intéressante

Votre situation n’est pas nécessairement perdue.

L’article 47 du Code civil prévoit qu’un acte d’état civil étranger établi dans les formes usitées dans le pays concerné fait foi, sauf lorsque des éléments permettent d’établir qu’il est irrégulier, falsifié ou inexact.

Et la jurisprudence montre que le ministre ne peut pas simplement qualifier un acte de non authentique sans que les éléments du dossier permettent réellement de le démontrer.

Dans une affaire jugée par la Cour administrative d’appel de Nantes, le ministre avait considéré que l’identité d’une candidate ne pouvait être établie avec certitude en raison de discordances dans son état civil. La candidate avait toutefois produit un acte étranger apostillé, des rectifications judiciaires et plusieurs documents concordants. La Cour a considéré que les contradictions n’étaient pas suffisantes pour justifier le rejet et a retenu une erreur manifeste d’appréciation.

Dans une autre affaire, la Cour a rappelé que lorsqu’un acte étranger est contesté, le juge doit apprécier l’ensemble des éléments produits par les deux parties. Des documents officiels concordants — passeport, actes d’état civil, documents familiaux, etc. — peuvent donc jouer un rôle important dans cette appréciation.

Et dans une autre décision encore, le ministre avait affirmé qu’un acte était non authentique mais n’apportait pas d’élément suffisamment sérieux pour le démontrer : la Cour a annulé le rejet pour erreur de fait.

Cela ne signifie évidemment pas que votre recours sera automatiquement gagné. Si la SDANF dispose, par exemple, d’une réponse formelle des autorités marocaines indiquant que le numéro d’acte n’existe pas dans le registre ou que le document présenté ne correspond pas à celui enregistré, la situation serait beaucoup plus difficile.

C’est précisément pour cela qu’il faut connaître le résultat de la vérification.

Ce que je ferais immédiatement au Maroc

Si vous êtes certain qu’il s’agit uniquement d’une erreur sur la première lettre du prénom de votre mère, je ne me contenterais pas de fournir un nouvel acte avec une orthographe différente.

Il faut pouvoir expliquer juridiquement la différence entre l’ancien et le nouvel acte.

Je chercherais donc à obtenir auprès de l’état civil marocain :

  • une nouvelle copie intégrale de votre acte de naissance provenant directement du registre concerné ;

  • le document officiel de rectification de l’erreur, si une rectification est nécessaire ;

  • tout document permettant de confirmer que l’acte n°320 RD existe réellement dans le registre et vous concerne ;

  • l’acte de naissance de votre mère avec son prénom correctement orthographié ;

  • son document d’identité ;

  • votre livret de famille ou les autres actes familiaux concordants ;

  • vos propres documents officiels comportant la même identité : passeport marocain, carte nationale marocaine, titres de séjour, actes de mariage ou actes de naissance des enfants le cas échéant.

L’objectif serait de pouvoir démontrer au tribunal :

acte n°320 RD authentique → erreur matérielle identifiée → rectification officielle → identité et filiation inchangées.

C’est beaucoup plus solide qu’un simple courrier disant : « il manque seulement une lettre ».

Peut-on essayer un recours sans aller immédiatement au tribunal ?

Il existe juridiquement la possibilité de former un recours gracieux contre une décision administrative dans le délai du recours contentieux. Lorsqu’il est régulièrement présenté dans ce délai, l’article L.411-2 du Code des relations entre le public et l’administration prévoit qu’il interrompt le délai du recours contentieux.

Donc oui, une demande de réexamen adressée directement à la SDANF peut juridiquement être envisagée.

Mais compte tenu de votre situation, je ne miserais pas uniquement là-dessus sans avis juridique.

Votre notification vous ouvre expressément la voie du tribunal administratif de Nantes dans un délai de deux mois et le motif porte sur l’authenticité même de votre état civil. C’est un contentieux beaucoup plus technique qu’un simple ajournement pour emploi récent.

Si vous choisissez la voie du recours gracieux, conservez impérativement une preuve certaine de sa réception et soyez extrêmement rigoureux sur le calcul du nouveau délai contentieux.

Dans votre cas, je consulterais réellement un avocat spécialisé

L’avocat n’est pas automatiquement obligatoire pour un recours en annulation de ce type devant le tribunal administratif : l’article R.431-2 du Code de justice administrative impose principalement l’avocat pour certaines catégories de litiges, notamment les demandes de paiement ou certains contentieux contractuels.

Un particulier peut également déposer lui-même une requête via Télérecours citoyens, exactement comme l’indique votre décision. Le service officiel permet de déposer la requête et toutes les pièces directement en ligne.

Mais dans votre cas précis, je conseillerais sérieusement un avocat.

Le débat va probablement porter sur :

  • l’article 47 du Code civil ;

  • la valeur probante de votre acte marocain ;

  • la procédure de vérification réalisée par la SDANF/SCEC ;

  • l’existence éventuelle d’une erreur matérielle ;

  • les règles marocaines de rectification de l’état civil ;

  • et la démonstration d’une éventuelle erreur de fait ou erreur manifeste d’appréciation de l’administration.

C’est exactement le type de dossier où la qualité de l’argumentation et des pièces compte énormément.

Il n’existe pas de tarif réglementé pour ce type de procédure. Les honoraires sont librement fixés par l’avocat. Demandez donc plusieurs devis et une convention d’honoraires écrite, en précisant que vous recherchez un avocat habitué au contentieux de la naturalisation devant le tribunal administratif de Nantes et aux problèmes d’état civil étranger.

Le point positif de votre nouvelle pièce

Nous savons maintenant exactement quelle procédure suivre.

Ce n’est pas :

préfecture → RAPO ANEF → ministre → tribunal.

Dans votre dossier, c’est :

SDANF / ministre – article 48 → recours contentieux possible directement devant le tribunal administratif de Nantes dans les deux mois.

Le fait que votre dossier ANEF soit clôturé et qu’aucun bouton RAPO n’apparaisse est donc cohérent avec la décision que vous avez reçue.

Je vous conseille de lire également notre dossier France Accueil consacré au recours devant le tribunal administratif en matière de naturalisation ainsi que notre guide sur les dossiers de naturalisation bloqués par des pièces d’état civil.

Vous trouverez également d’autres retours d’expérience dans la rubrique Naturalisation par décret.

Il nous manque maintenant une seule chose essentielle

Avant de pouvoir évaluer réellement les chances du recours, il faudrait comprendre pourquoi l’acte n°320 RD a été déclaré non authentique.

Si vous disposez d’un ancien message du SCEC, d’une demande de complément, d’un retour concernant une « levée d’acte » ou d’un document faisant apparaître précisément la différence dans le prénom de votre mère, publiez-le ici en masquant toutes vos données personnelles.

Et si vous arrivez à obtenir rapidement un nouvel acte de naissance marocain ainsi que le document officiel rectifiant l’erreur, publiez également uniquement les parties utiles.

À ce stade, votre recours ne doit pas seulement démontrer que votre prénom, votre parcours et vos autres documents sont cohérents : il doit attaquer directement le motif retenu par la SDANF, à savoir l’affirmation selon laquelle l’acte n°320 RD serait non authentique.

Cordialement,

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Naturalisation@FranceAccueil.com

Bonjour,

Je vous remercie pour votre retour et j’ai entamé la procédure avec un avocat. On va faire le rapo quand même en espérant que ça aboutisse au bout de 2 mois et on va saisir le tribunal après.

J’ai une autre question car là je dois renouveler mon titre de séjour :
Je suis marocain et j’ai un titre de séjour salarié de 4 ans sachant que je suis en France depuis 2017 et j’ai un diplôme d’ingénieur français.
Je suis en cdi depuis 2021. Est ce que je peux faire la demande de carte de résident ? Laquelle il faut demander ? Et est ce que je dois passer l’examen civique ?
Merci d’avance

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Bonjour @mdi,

Merci pour votre retour. Je relève d’abord un point important : dans la décision que vous aviez publiée, la SDANF avait rejeté votre demande sur le fondement de l’article 48, avec recours direct devant le tribunal administratif de Nantes dans les 2 mois. Si votre avocat parle de « RAPO », demandez-lui simplement de confirmer s’il s’agit en réalité d’un recours gracieux : le RAPO de l’article 45 n’est pas obligatoire contre une décision ministérielle prise sur le fondement de l’article 48. Ne laissez surtout pas expirer le délai contentieux.

Pour votre titre de séjour : oui, la carte de résident 10 ans paraît envisageable

Votre nationalité marocaine est importante ici.

L’article 3 de l’accord franco-marocain du 9 octobre 1987 prévoit qu’un ressortissant marocain salarié peut demander un titre de séjour de 10 ans après 3 années de séjour régulier en France sous statut salarié, l’administration appréciant notamment son activité professionnelle et ses moyens d’existence. Le ministère de l’Intérieur rappelle expressément cette règle plus favorable aux ressortissants marocains.

Donc, si vous êtes bien titulaire de titres portant la mention « salarié » depuis au moins 3 ans, avec un CDI depuis 2021, je demanderais lors du renouvellement :

« Carte de résident de 10 ans sur le fondement de l’article 3 de l’accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ».

Votre diplôme français d’ingénieur est évidemment positif, mais ce n’est pas lui qui ouvre cette voie : ce sont surtout votre statut salarié, votre ancienneté de séjour et vos ressources.

Et l’examen civique ?

Il faut faire attention car le droit commun a changé depuis le 1er janvier 2026 : les premières cartes de résident soumises à la condition d’intégration nécessitent normalement l’examen civique et, selon le fondement, le niveau B1.

Mais les accords bilatéraux peuvent prévoir un régime différent. Pour les ressortissants marocains demandant la carte de 10 ans sur le fondement de l’accord franco-marocain, une préfecture publie actuellement expressément qu’ils ne sont pas soumis à l’examen civique ni linguistique pour cette voie.

Je vous conseille donc de bien sélectionner/invoquer l’accord franco-marocain, et non de déposer simplement une demande de « résident longue durée-UE » de droit commun.

Vous pouvez consulter notre guide Carte de résident 10 ans 2026 : examen civique, B1 et dossier ainsi que la rubrique Titres de séjour.

Pouvez-vous simplement nous préciser depuis quelle date exacte votre premier titre portant la mention “salarié” a été délivré ? C’est cette date qui permettra de confirmer si les 3 années prévues par l’accord franco-marocain sont déjà acquises au moment de votre renouvellement.

Cordialement,

France Accueil - Expert en démarches pour étrangers en France -
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Bonjour,

Le recours gracieux c’est pas le rapo ?

J’ai du ma première carte de séjour salarié en octobre 2021 pour une validité d’un an et après j’ai eu la deuxième depuis octobre 2022 pour une validité de 4 ans.

Merci pour tes clarifications

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Bonjour @mdi,

Non, le recours gracieux et le RAPO ne sont pas exactement la même chose, même si dans les deux cas on demande à l’administration de réexaminer sa décision.

RAPO vs recours gracieux : la différence dans votre dossier

Le RAPO (recours administratif préalable obligatoire) prévu par l’article 45 du décret n°93-1362 concerne les décisions prises sur le fondement des articles 43 et 44, notamment certaines décisions préfectorales. Il doit obligatoirement être exercé avant de saisir le tribunal. (Légifrance – article 45)

Or votre décision concernant l’acte de naissance non authentique a été prise directement par la SDANF / ministre sur le fondement de l’article 48. Dans votre cas, la décision vous indique d’ailleurs directement un recours devant le tribunal administratif de Nantes.

Vous pouvez néanmoins adresser à la SDANF un recours gracieux, c’est-à-dire demander à l’auteur de la décision de revenir lui-même dessus en produisant notamment les nouveaux éléments concernant votre acte marocain.

Ce recours gracieux est facultatif, contrairement au RAPO. Lorsqu’il est exercé dans le délai du recours contentieux, il interrompt en principe ce délai. (Légifrance – article L.411-2 du CRPA)

Donc si votre avocat vous parle de « RAPO », je lui demanderais simplement de confirmer le terme utilisé. Il est possible qu’il parle de manière générale d’un recours administratif, mais juridiquement, au regard de votre décision fondée sur l’article 48, il s’agit plutôt d’un recours gracieux avant un éventuel recours au tribunal administratif de Nantes.

Suivez évidemment la stratégie et surtout le calendrier fixé avec votre avocat afin de ne pas perdre le délai contentieux.

Nous expliquons également cette distinction dans notre guide sur le RAPO et les recours en matière de naturalisation.

Concernant votre carte de séjour : votre nouvelle précision est très favorable

Vous avez donc eu :

  • Première carte « salarié » en octobre 2021, valable 1 an ;

  • Deuxième carte « salarié » depuis octobre 2022, valable 4 ans ;

  • CDI depuis 2021.

Vous avez donc dépassé les 3 années de séjour continu sous ce régime depuis octobre 2024.

L’article 3 de l’accord franco-marocain du 9 octobre 1987 prévoit qu’après trois ans de séjour continu en France, les ressortissants marocains relevant du régime salarié peuvent demander un titre de séjour de 10 ans. La décision tient notamment compte des conditions d’exercice de l’activité professionnelle et des moyens d’existence. (Légifrance – accord franco-marocain)

Avec votre CDI depuis 2021 et votre continuité de titres « salarié », vous avez donc un fondement sérieux pour demander directement le titre de 10 ans lors de votre renouvellement, plutôt que de demander automatiquement une nouvelle carte pluriannuelle salarié.

Je formulerais clairement la demande comme :

Demande de titre de séjour de 10 ans sur le fondement de l’article 3 de l’accord franco-marocain du 9 octobre 1987.

Attention toutefois : l’accord dit que les ressortissants marocains « pourront obtenir » ce titre. Ce n’est donc pas une délivrance automatique ; la préfecture examinera notamment votre activité professionnelle et vos ressources. Mais avec un CDI continu depuis 2021, votre situation paraît cohérente avec cette demande.

Vous pouvez également consulter notre guide sur la carte de résident 10 ans en 2026 ainsi que les autres échanges de la rubrique Titres de séjour.

En résumé : oui, avec votre première carte salarié d’octobre 2021, les 3 années prévues par l’accord franco-marocain sont déjà dépassées depuis octobre 2024. Lors de votre renouvellement actuel, je demanderais donc expressément le titre de 10 ans sur ce fondement.

Cordialement,

France Accueil - Expert en démarches pour étrangers en France -
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